BIOLOGIE PRÉVENTIVE

Comment diagnostique-t-on la maladie d’Alzheimer aujourd’hui ?

— 23 septembre 2026

La maladie d’Alzheimer est une pathologie neurodégénérative qui touche progressivement la mémoire, le langage et l’autonomie des personnes atteintes. Elle est la cause la plus fréquente de démence — un terme générique qui regroupe plusieurs pathologies provoquant un déclin des capacités intellectuelles —, représentant environ 60 à 70 % des cas [4]. Un diagnostic précoce permet d’agir avant que la perte neuronale ne s’aggrave, et facilite l’accès aux traitements aujourd’hui disponibles. Ce parcours repose sur plusieurs étapes complémentaires : tests cognitifs, imagerie cérébrale, analyses biologiques et, plus récemment, le test sanguin pTau-217.

Comment savoir si on a un début d’Alzheimer ?

Quels sont les troubles de mémoire au quotidien liés à Alzheimer ?

Les premiers signes sont souvent discrets : oublier un rendez-vous, répéter la même question, chercher ses mots en pleine phrase. Contrairement aux oublis passagers liés à la fatigue ou à l’âge, ces troubles s’installent et s’aggravent, perturbant la gestion d’un budget, l’orientation dans le temps ou la mémoire d’une conversation récente. Les souvenirs anciens restent en général préservés au début de la maladie. Des difficultés régulières et gênantes justifient une évaluation médicale.

Les changements de comportement et de langage

La maladie se manifeste aussi par des changements que l’entourage repère parfois avant le patient : repli sur soi, irritabilité inhabituelle, perte d’intérêt, détachement émotionnel. Le langage est touché — mots qui manquent, phrases en suspens, répétitions rapprochées — et l’orientation dans le temps ou l’espace peut se brouiller. Ces signaux, lorsqu’ils se cumulent, justifient une consultation rapide.

Quel médecin consulter face à ces symptômes ?

Le rôle du médecin traitant

Votre médecin traitant est le premier interlocuteur à consulter. Il recueille vos plaintes, évalue votre contexte de vie et réalise un premier bilan cognitif (test des 5 mots, MMSE ou MoCA) pour objectiver les troubles [6]. Il peut prescrire un bilan biologique de première intention et une IRM cérébrale. En cas de suspicion d’une maladie neurodégénérative comme Alzheimer, il oriente vers un centre mémoire ou un spécialiste — neurologue ou gériatre.

L’orientation vers une consultation mémoire

La consultation mémoire réunit neurologues, gériatres et neuropsychologues pour affiner l’évaluation bien au-delà du bilan initial. Elle mobilise des tests neuropsychologiques approfondis et, selon les cas, une IRM, un TEP amyloïde ou une ponction lombaire. Ce suivi multidisciplinaire, encadré par la Haute Autorité de Santé, permet de confirmer ou d’écarter l’hypothèse d’Alzheimer.

Les tests cognitifs : première étape du dépistage

En quoi consiste le test des 5 mots ?

Le test des 5 mots consiste à mémoriser puis restituer, après un court délai, cinq mots de catégories différentes. Ce rappel différé évalue la mémoire épisodique, souvent touchée en premier dans Alzheimer. Un score bas ne suffit pas à poser un diagnostic : il oriente vers des évaluations complémentaires, en tenant compte du niveau d’éducation et du contexte culturel du patient.

Les tests neuropsychologiques approfondis

En consultation mémoire, des batteries de tests explorent la mémoire de travail, les fonctions exécutives, l’attention, le langage et les capacités visuo-spatiales. Leur objectif est de mesurer l’étendue du déclin cognitif et d’établir un diagnostic différentiel, notamment avec la maladie à corps de Lewy ou une démence fronto-temporale.

L’imagerie cérébrale pour visualiser le cerveau

L’IRM cérébrale et la recherche d’atrophies

L’IRM cérébrale visualise la structure du cerveau et détecte d’éventuelles atrophies, en particulier au niveau de l’hippocampe, région clé de la mémoire [3]. Elle permet aussi d’écarter d’autres causes : tumeur, AVC, ou autres anomalies structurelles. Elle ne suffit pas à elle seule à confirmer le diagnostic et s’inscrit dans un bilan plus large.

Le TEP scan et la détection des dépôts amyloïdes

Le TEP scan détecte les plaques amyloïdes dans le cerveau, avant même l’aggravation des symptômes, en révélant l’activité métabolique plutôt que la structure. Il est réservé aux situations où le diagnostic reste incertain : résultat intermédiaire aux biomarqueurs sanguins, tableau atypique, doute persistant. Son interprétation revient toujours à un spécialiste.

Les analyses biologiques : sang et liquide céphalo-rachidien

Que recherche le bilan sanguin de première intention ?

Le bilan sanguin de première intention ne confirme pas Alzheimer directement : il écarte des causes traitables qui peuvent mimer les troubles cognitifs (déficit en B12, hypothyroïdie, anémie, anomalie métabolique). Réalisé sur ordonnance dans un laboratoire de biologie médicale comme ceux du réseau Biogroup, il oriente le médecin dans la poursuite des investigations si les résultats sont normaux et les troubles persistent.

La ponction lombaire et l’analyse du LCR

Lorsque le diagnostic reste incertain après l’imagerie et les bilans sanguins, une ponction lombaire permet de mesurer trois biomarqueurs dans le liquide céphalo-rachidien : l’amyloïde bêta 42 (Aβ42), la tau totale et la tau phosphorylée. Un Aβ42 abaissé associé à une tau élevée oriente fortement vers Alzheimer. Cet examen hospitalier n’est pas systématique.

Le test sanguin pTau217 : une avancée diagnostique

Comment fonctionne ce biomarqueur ?

Le pTau-217 est un biomarqueur sanguin qui détecte la pathologie Alzheimer avant l’apparition des symptômes cognitifs les plus marqués. Il s’agit d’une forme de la protéine Tau anormalement phosphorylée dans le contexte de la maladie, détectable par simple prise de sang veineuse. Sa valeur tient à sa capacité à refléter tôt le couplage entre plaques amyloïdes et dégénérescence Tau : les études rapportent une sensibilité et une spécificité proches de 90 % (AUC comprise entre 0,93 et 0,97) [1, 2].

Le résultat s’interprète selon un algorithme à deux seuils : un taux franchement élevé ou bas confirme ou écarte la probabilité de pathologie amyloïde ; entre les deux, une zone intermédiaire nécessite un TEP amyloïde ou une analyse du LCR. Cette approche pourrait éviter jusqu’à 70 à 85 % des TEP amyloïdes selon les études [3]. 

Qui peut le prescrire et dans quel cadre ?

Le dosage du pTau-217 est réservé aux neurologues, gériatres, psychiatres et médecins de consultation mémoire formés à l’exploration cognitive ou tout autre médecin pouvant justifier d’une formation universitaire de 4ème cycle dédiée au diagnostic et à la prise en charge de la maladie d’Alzheimer.

  • Indiqué à partir de 55 ans, en présence d’un trouble neurocognitif avéré [6] 
  • Non utilisé comme outil de dépistage en population générale [5] 
  • Non remboursé par l’Assurance Maladie à ce jour — tarif chez Biogroup : 100 € (hors nomenclature) [7] 

Votre médecin traitant joue un rôle de repérage et d’orientation ; c’est en cadre spécialisé que le test est prescrit et interprété. En orientant plus tôt vers la consultation mémoire, il peut faciliter l’accès aux traitements disponibles, notamment les immunothérapies anti-amyloïdes réservées aux formes précoces de la maladie. 

Comment évolue la maladie après le diagnostic ?

Une fois le diagnostic posé, la maladie évolue généralement en trois stades, à un rythme propre à chaque personne : certains restent plusieurs années au stade léger, d’autres progressent plus vite.

Au stade léger, l’autonomie reste globalement préservée malgré des oublis fréquents. Au stade modéré, la désorientation s’accentue et les gestes du quotidien deviennent difficiles, avec parfois anxiété ou irritabilité. Au stade avancé, la dépendance devient totale, la communication se réduit et des troubles de la déglutition peuvent survenir. 

Un accompagnement adapté à chaque stade, associé à un diagnostic posé tôt, contribue à préserver l’autonomie et la qualité de vie au quotidien. Découvrez le détail des 3 stades d’évolution de la maladie et les traitements disponibles pour ralentir sa progression. 

Diagnostic différentiel : éliminer les autres causes

Tous les troubles cognitifs ne sont pas synonymes d’Alzheimer. La maladie à corps de Lewy, par exemple, se manifeste par des hallucinations visuelles précoces, des fluctuations de l’attention et des signes proches de la maladie de Parkinson — des caractéristiques absentes au début d’Alzheimer, où la mémoire domine.

Le bilan sanguin de première intention joue ici un rôle clé : il écarte des causes traitables comme une hypothyroïdie, une carence en B12 ou une dépression sévère, qui peuvent mimer un déclin cognitif. Anticiper les facteurs de risque et la prévention d’Alzheimer permet aussi de mieux situer ces troubles dans une démarche de santé globale. 

Faire le point tôt sur votre santé cognitive avec Biogroup, c’est permettre une prise en charge rapide et adaptée du diagnostic de la maladie d’Alzheimer, pour préserver votre qualité de vie et celle de vos proches. Nos biologistes médicaux réalisent le bilan sanguin de première intention prescrit par votre médecin. Prenez rendez-vous en ligne ou trouvez le laboratoire Biogroup le plus proche de chez vous pour démarrer votre bilan.

Les réponses à vos questions

Le diagnostic repose sur plusieurs examens complémentaires : tests cognitifs (test des 5 mots, MMSE, MoCA), imagerie cérébrale (IRM, TEP amyloïde), analyses biologiques (bilan sanguin, ponction lombaire) et, plus récemment, le dosage sanguin du pTau-217 [1, 2]. Aucun de ces examens n’est utilisé isolément : c’est leur combinaison, encadrée par le médecin traitant puis la consultation mémoire, qui permet de confirmer ou d’écarter le diagnostic. 

Oui, l’IRM cérébrale permet de visualiser une atrophie de certaines zones du cerveau, notamment l’hippocampe, la région liée à la mémoire [3]. Elle ne suffit toutefois pas à confirmer seule le diagnostic : elle sert surtout à écarter d’autres causes et s’inscrit dans un bilan plus large associant tests cognitifs et analyses biologiques. 

Le test des 5 mots consiste à faire mémoriser à la personne une liste de cinq mots appartenant à des catégories différentes, puis à les lui faire restituer après un court délai. Ce rappel différé évalue la mémoire épisodique, souvent touchée en premier dans la maladie d’Alzheimer ; un score bas oriente vers des évaluations complémentaires, sans poser de diagnostic à lui seul. 

Les premiers signes concernent surtout la mémoire récente : oublis de rendez-vous, questions répétées, mots qui manquent en cours de conversation. Ces oublis s’installent et s’aggravent avec le temps, à la différence des oublis passagers liés à la fatigue ou au vieillissement normal ; les souvenirs anciens restent souvent préservés au début de la maladie. 

Il n’existe pas de dépistage systématique de la maladie d’Alzheimer en population générale, y compris en cas d’antécédents familiaux [5]. Une évaluation médicale est recommandée dès l’apparition de troubles cognitifs gênants et persistants, quel que soit l’âge — le test pTau-217, par exemple, n’est indiqué qu’à partir de 55 ans et uniquement en présence d’un trouble neurocognitif déjà avéré. 

On parle d’Alzheimer précoce lorsque les premiers symptômes apparaissent avant 65 ans — une situation minoritaire mais réelle. Le parcours diagnostique est le même qu’à un âge plus avancé (médecin traitant, tests cognitifs, imagerie, biomarqueurs), mais le diagnostic peut être plus difficile à évoquer chez une personne encore en activité professionnelle, ce qui retarde parfois la prise en charge. 

Bibliographie

[1] Hansson O, et al. Plasma phospho-tau217 for Alzheimer's disease diagnosis in primary and secondary care using a fully automated platform. Nature Medicine. 2025. doi:10.1038/s41591-025-03622-w 

[2] Ashton NJ, et al. Diagnostic Accuracy of a Plasma Phosphorylated Tau 217 Immunoassay for Alzheimer Disease Pathology. JAMA Neurology. 2024;81(3):255-263. doi:10.1001/jamaneurol.2023.5319 

[3] Barthélémy NR, Salvadó G, et al. Highly accurate blood test for Alzheimer's disease. Nature Medicine. 2024. 

[4] Biogroup. Maladie d'Alzheimer : symptômes, diagnostic et traitements. biogroup.fr, 2026. 

[5] Fédération des Centres Mémoire. Recommandations pour le diagnostic de la maladie d'Alzheimer. Actualisation 2026. centres-memoire.fr 

[6] Fédération des Centres Mémoire. Recommandations pour le diagnostic de la maladie d'Alzheimer. Actualisation 2026. centres-memoire.fr 

[7] Biogroup. Maladie d'Alzheimer : symptômes, diagnostic et traitements. biogroup.fr, 2026.

À propos de l’auteur

Partagez cet article

Aller en haut