Où faire un test Hantavirus ? Le dépistage en laboratoire de biologie médicale

Les hantavirus sont des virus transmis à l'être humain principalement par des rongeurs infectés, responsables de maladies pouvant engager le pronostic vital selon la souche en cause. En France métropolitaine, le virus Puumala est la souche la plus répandue, à l'origine d'une fièvre hémorragique avec syndrome rénal (FHSR) [1] ; depuis mai 2026, le virus Andes, associé à un syndrome cardiopulmonaire potentiellement grave, concentre l'attention des autorités sanitaires à la suite d'un foyer identifié (notre point complet sur l'épidémie et le virus Andes). [4,5] L'infection se manifeste généralement par une fièvre apparaissant dans les semaines suivant une exposition à des déjections de rongeurs, accompagnée de douleurs, de fatigue intense et, selon la souche, de signes respiratoires ou rénaux.
Le diagnostic repose sur des analyses biologiques réalisées en laboratoire, notamment la sérologie avec recherche des anticorps IgM et IgG anti-hantavirus, complétée si nécessaire par une RT-PCR sur prélèvement précoce. Dans cet article, nous vous présentons en détail les symptômes à surveiller, les méthodes de dépistage disponibles, les clés pour interpréter vos résultats et les mesures de prévention à adopter pour limiter le risque de contamination.
I. Qu’est-ce que le hantavirus ?
A. Définition, souches du virus et situation en France
Appartenant à la famille des Hantaviridae, les hantavirus sont des virus à ARN dont il existe plusieurs espèces, chacune associée à un réservoir spécifique de rongeurs sauvages. En France métropolitaine, c'est le virus Puumala, transmis par le campagnol roussâtre, qui circule de façon endémique, principalement dans le quart Nord-Est du territoire.
Selon Santé publique France, cette zone d'endémie s'étend progressivement vers le sud et l'ouest depuis 2017. [2] La létalité de cette souche reste faible, contrairement au virus Andes, présent en Amérique du Sud, dont la forme sévère peut être bien plus redoutable.
Ce qui distingue particulièrement le virus Andes, c'est sa capacité, dans certains contextes de contacts étroits et prolongés, à se transmettre d'une personne à une autre — une transmission interhumaine rare parmi les hantavirus. [4,5]

B. Transmission par les rongeurs : comment s’infecte-t-on ?
Pour en savoir plus, rendez-vous sur notre article principal : Hantavirus (Souche Andes) : Point sur l’épidémie, symptômes, transmission et diagnostic en laboratoire
II. Quels sont les symptômes de l’hantavirus ?
A. Les premiers signes : fièvre, douleurs et fatigue
La période d'incubation — c'est-à-dire le délai entre l'exposition et l'apparition des premiers symptômes — varie généralement d'une semaine à deux mois après le contact avec des déjections de rongeurs infectés. Dans le contexte d'alerte hantavirus, le COREB retient un délai de 1 à 6 semaines après exposition pour repérer un patient suspect. [1,4]
Au début de la maladie, les signes ressemblent à ceux de nombreuses infections virales courantes. Les symptômes les plus fréquents sont :
- Fièvre élevée, apparaissant souvent de façon assez soudaine
- Maux de tête (céphalées), parfois intenses
- Douleurs lombaires (dans le bas du dos) et douleurs musculaires
- Fatigue inhabituelle, parfois intense
- Troubles digestifs : nausées, douleurs abdominales
- Toux ou légère gêne respiratoire dans certains cas [4]

Ces signes ne permettent pas, à eux seuls, d'affirmer qu'il s'agit d'une infection à hantavirus : d'autres pathologies peuvent présenter un tableau similaire : grippe, COVID-19, paludisme ou dengue selon les voyages et expositions, leptospirose. Si une fièvre survient dans les semaines suivant une exposition compatible, signalez-le impérativement à votre médecin pour qu'une prise en charge médicale adaptée soit envisagée.
B. Syndrome pulmonaire et syndrome rénal : deux formes
Pour en savoir plus, rendez-vous sur notre article principal : Les Symptômes de l'Hantavirus expliqués
C. Durée d’évolution et complications possibles
Dans la majorité des cas, l'infection à hantavirus évolue sur plusieurs jours à plusieurs semaines, avec une phase aiguë dont la durée varie selon la souche et la sévérité du tableau clinique. Une hospitalisation est parfois nécessaire, en particulier lorsque les reins ou le système cardiovasculaire sont touchés de façon marquée.
Comment se transmet le hantavirus ?
A. Qui doit consulter pour un test ?
Toute personne ayant été exposée à un environnement à risque — inhalation de poussières dans un local fermé, contact direct avec des déjections de rongeurs, activité forestière ou agricole — et qui développe de la fièvre dans les semaines suivantes doit consulter un prescripteur rapidement.
Le diagnostic repose sur un examen clinique complet, complété par des analyses biologiques réalisées dans des laboratoires experts.
Certains patients peuvent également se voir proposer un accès au dépistage sans présenter de signes cliniques, notamment :
- Les personnes identifiées comme contacts à haut risque dans le cadre d'un foyer épidémique
- Les co-exposés suivis par les autorités sanitaires après une transmission documentée
Dans ce cas, la surveillance peut être organisée sur une période pouvant aller jusqu'à 42 jours après la dernière exposition. [5]

A. Qui doit consulter pour un test ?
Si vous avez été exposé à des rongeurs ou à leurs déjections dans les semaines précédentes, signalez-le explicitement lors de votre consultation : c’est l’association entre les symptômes, le contexte d’exposition et le délai écoulé qui permet au médecin d’orienter les analyses biologiques adaptées.

B. Sérologie : détection des anticorps IgM et IgG
La sérologie est une analyse sanguine qui recherche des anticorps — des protéines produites par votre système immunitaire en réponse à un agent infectieux. Pour les hantavirus, le Centre National de Référence (CNR) indique que la confirmation d'une infection actuelle ou récente repose sur la détection des anticorps IgM et IgG anti-hantavirus dans le sérum ou le plasma. [3]
Les IgM (immunoglobulines M) sont les anticorps de première réponse : leur présence peut orienter vers une infection récente. Les IgG témoignent quant à eux d'un contact immunitaire plus ancien, ou peuvent accompagner une infection récente selon le moment du prélèvement.
Une précision importante : le CNR souligne qu'un résultat IgM positif isolé peut être non spécifique. Il ne constitue donc pas, à lui seul, un diagnostic certain [3] et doit toujours être interprété en lien avec vos symptômes, votre historique d'exposition et l'ensemble de votre dossier médical.
C. RT-PCR : recherche du matériel génétique viral
Complémentaire à la sérologie, la RT-PCR (Reverse Transcription Polymerase Chain Reaction) est une technique moléculaire, dont vous pouvez retrouver le fonctionnement détaillé sur notre blog, qui cible directement le matériel génétique viral — ici l'ARN du hantavirus — pour confirmer sa présence dans l'organisme. Son atout majeur réside dans sa capacité à détecter le virus très tôt, dès la phase de virémie, avant même que les anticorps soient mesurables. C'est précisément pendant cette phase de virémie précoce que la RT-PCR sur prélèvement sanguin offre les meilleures chances de confirmation.
Selon Santé publique France, l'ARN des hantavirus peut être recherché sur des prélèvements précoces de sérum ou de plasma, [1] via un circuit spécialisé : le Centre National de Référence (CNR) des Hantavirus — laboratoire de microbiologie de référence en France, hébergé à l'Institut Pasteur — ou son laboratoire associé en Guyane.
Dans le contexte de l'alerte 2026 liée au virus Andes (foyer du navire MV Hondius), les cas confirmés à l'échelle internationale l'ont été précisément par PCR spécifique ou séquençage — ce qui illustre la place centrale de cet outil dans le diagnostic de certitude. L'ANRS MIE rapportait au 11 mai 2026 huit cas confirmés et deux cas probables, avec trois décès. Pour en savoir plus sur ce foyer, consultez notre article dédié au virus Andes et à l'épidémie 2026 [5,6].
IV. Comment interpréter les résultats de l’analyse ?
Pour en savoir plus, rendez-vous sur notre article : Interprétation des résultats : comprendre les anticorps IgM et IgG
V. Traitement et prévention de l’infection
A. Prise en charge médicale et absence de traitement spécifique
Face à une infection à hantavirus, ni vaccin ni traitement antiviral approuvé [1,4] n'est aujourd'hui disponible — que ce soit pour la souche Puumala ou pour la souche Andes. Santé publique France et la fiche COREB 2026 le confirment : la prise en charge repose exclusivement sur la surveillance clinique et les soins de soutien, adaptés à la gravité du tableau.
Concrètement, cela peut inclure une hydratation encadrée, la correction des troubles biologiques, ou la gestion d'une insuffisance rénale, d'une atteinte pulmonaire ou d'une défaillance respiratoire. Les formes sévères peuvent nécessiter une hospitalisation en réanimation.

Certains signes doivent vous alerter et justifient une consultation sans délai : essoufflement, oppression thoracique, confusion, diminution marquée des urines ou dégradation rapide de l'état général. Ces symptômes ne signent pas automatiquement un hantavirus, mais ils nécessitent une évaluation médicale rapide — d'autres pathologies peuvent être en cause.
Des équipes comme celles de l'Institut Pasteur, qui héberge le Centre National de Référence (CNR) des Hantavirus, contribuent à la recherche sur ces virus, notamment sur les réservoirs animaux que sont les rongeurs sauvages, pour mieux comprendre leur évolution et, à terme, développer des solutions thérapeutiques.
B. Prévenir le contact avec les souris et sécuriser son habitat
Pour en savoir plus, rendez-vous sur notre article principal : Hantavirus (Souche Andes) : Point sur l’épidémie, symptômes, transmission et diagnostic en laboratoire
Les réponses à vos questions
Bibliographie
- Hantavirus : la maladie — Santé publique France — santepubliquefrance.fr/hantavirus/la-maladie — (2025)
- Hantavirus : données — Santé publique France — santepubliquefrance.fr/hantavirus/donnees — (2025)
- Informations et recommandations sur les hantavirus — Institut Pasteur / CNR des Hantavirus — pasteur.fr/…/hantavirus/la-maladie-recommandations — (2026)
- Hantavirus : repérer et prendre en charge un patient suspect en France — COREB Mission nationale — coreb.infectiologie.com/…/fiche-coreb-hantavirus.pdf — (2026)
- Hantavirus Outbreak Response unit — ANRS Maladies infectieuses émergentes — anrs.fr/…/hantavirus — (2026)
- Hantavirus cluster linked to cruise ship travel, Multi-country — OMS — who.int/…/2026-DON600 — (2026)
- Cas d’hantavirus à bord du navire MV Hondius — Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères — diplomatie.gouv.fr/…/cas-d-hantavirus-mv-hondius — (2026)