INFECTIOLOGIE

HPV (papillomavirus) chez l’homme : transmission, symptômes et risques

— 9 juin 2026

Les infections à papillomavirus humains (HPV) est l’une des infections sexuellement transmissibles les plus répandues dans le monde, et les hommes en sont aussi fréquemment porteurs. Transmis principalement par contacts intimes — rapports sexuels ou contact peau à peau avec une zone génitale infectée —, les virus restent le plus souvent silencieux et peuvent disparaître spontanément sans laisser de traces. Néanmoins, certains symptômes peuvent apparaitre en cas de portage prolongé. Il peut s’agir de condylomes (principalement au niveau génital), qui sont inconfortables mais peu graves, ou de lésions plus rares mais de type cancéreuses (anus, rectulpenis, gorge, pharynxect…). Contrairement au dépistage recommandé du cancer du col de l’utérus chez la femme, il n’existe pas de recommandations de dépistage systématique des HPV en population masculine. Dans cet article, nous vous expliquons en détail comment les papillomavirus se transmettent chez l’homme, quels risques ils représentent, et quels outils sont aujourd’hui disponibles pour leur détection ou  prévention. 

Vous souhaitez en savoir plus sur les infections à papillomavirus humains ?
Consultez notre article principal !

Que signifie HPV ? 

Les HPV (Human Papillomavirus, ou papillomavirus humains) constituent une famille de virus très répandus. On distingue deux grandes catégories : les HPV à bas risque oncogène, responsables de lésions bénigne comme les condylomes (verrues génitales), et les HPV à haut risque oncogène, associés à des lésions précancéreuses et à certains cancers. Pour en savoir plus sur les différents types de papillomavirus et leur mécanisme, consultez notre article complet sur le HPV. 

Chez l’homme, cette infection à papillomavirus est extrêmement fréquente : la majorité des personnes sexuellement actives sera exposée aux virus au cours de sa vie. Dans la plupart des cas, le système immunitaire élimine spontanément le virus, sans qu’aucun traitement ne soit nécessaire. 

Une infection persistante à HPV notamment par un HPV à haut risque oncogène — constitue le principal facteur de risque d’évolution vers des manifestations cliniques ou des complications à long terme liées à la présence de ces virus.

Comment se transmettent le papillomavirus chez l’homme ?

Les HPV se transmettent avant tout lors de relations sexuelles — génitales, anales ou orales — avec une personne porteuse de virus, qu’elle présente ou non des symptômes visibles. C’est le risque de transmission le plus direct et le plus fréquent. Le contact peau à peau (plus précisément muqueuse à muqueuse) au niveau génital suffit à transmettre le virus, même sans rapport sexuel avec pénétration. L’utilisation de préservatifs réduit ce risque, mais ne l’élimine pas totalement, car des zones génitales non couvertes peuvent rester exposées et ces virus sont de très petite taille. Une transmission oro-génitale ou ano-génitale est également possible. 

L’homme porteur de papillomavirus peut transmettre ces virus à ses partenaires, même en l’absence de tout symptôme visible. Chez la femme, une infection à  HPV à haut risque oncogène peut entraîner des lésions du col de l’utérus, susceptibles d’évoluer vers un cancer du col de l’utérus en cas de portage prolongé. C’est pourquoi le dépistage préventif régulier du cancer col de l’utérus — par prélèvement d’endocol, ou auto-prélèvement à défaut — est essentiel pour la santé des partenaires féminines. Une recherche d’HPV à haut risque oncogène et/ou de de cellules anormales (recommandation HAS)  y seront effectuées Le caractère régulier du dépistage est essentiel pour détecter précocement de possibles lésions et réduire le risque de d’évolution vers un cancer .

Quels sont les symptômes dune infection à  HPV chez l’homme ?

Une infection le plus souvent asymptomatique

Dans la grande majorité des cas, un homme porteur d’HPV ne ressent aucun symptôme et ne développe aucune lésion visible. Les virus circulent et peuvent se transmettre à un partenaire sans que la personne infectée n’en soit consciente.

Quand le système immunitaire fonctionne normalement, l’organisme parvient à éliminer les virus de lui-même, souvent en quelques mois. Cette élimination spontanée concerne environ 9 infections sur 10. 

C’est précisément ce silence clinique qui rend les HPV particulièrement difficiles à détecter sans dépistage régulier. L’absence de signes ne signifie pas l’absence d’infection, ni l’impossibilité de transmettre le virus à un partenaire. La vaccination et les mesures préventives restent donc des outils essentiels, même lorsqu’aucun symptôme n’est présent. 

Condylomes, lésions du gland et de l’anus

Les condylomes — aussi appelés verrues génitales — sont le signe le plus fréquent, lorsque l’infection à HPV est symptomatique. Ces lésions, dues principalement aux HPV types  6 et 11 (HPV à bas risque oncogène), se présentent sous la forme de petites excroissances charnues, parfois regroupées en amas, au niveau du gland, du pénis, du scrotum ou de la région anale. Une personne porteuse de condylomes est contagieuse et peut transmettre le virus à un partenaire. Ces lésions ne disparaissent pas toujours spontanément et peuvent nécessiter un traitement spécifique prescrit par un médecin : application de médicaments topiquesutilisation du froid (cryothérapie) ou ablation chirurgicale selon leur étendue et l’inconfort généré. 

Toute lésion persistante ou inhabituelle au niveau génital ou anal mérite une consultation médicale pour un diagnostic adapté : une recherche de papillomavirus pourra être envisagée si nécessaire. Pour mieux comprendre combien de temps avant les premiers symptômes visibles du papillomavirus, consultez notre article dédié.

Quels cancers peuvent causer les HPV chez l’homme ?

Cancers ano-génitaux et cancers de la gorge

Les HPV à haut risque oncogène — en particulier le type HPV 16 — peuvent être à l’origine de lésions précancéreuses puis de cancers chez l’homme. Ces cancers se développent lentement, sur plusieurs années, à partir d’une infection persistante à papillomavirus.

Les principales localisations décrites sont :

  • Cancer de l’anus : le risque de cancer de l’anus est particulièrement élevé chez les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH). Le cancer de l’anus représente une part significative des cancers HPV-induits chez l’homme en France. 
  • Cancer du pénis : lié aux types HPV à haut risque oncogène, notamment le HPV 16. 
  • Cancers de l’oropharynx (amygdales, base de la langue, gorge) : cancers de la sphère ORL en augmentation, principalement liés à des transmissions oro-génitales. 

Diagnostiqués à un stade avancé, ces cancers sont plus difficiles à prendre en charge. La détection précoce des lésions précancéreuses et la vaccination HPV restent les meilleurs outils disponibles. Des examens complémentaires peuvent être recommandés par un médecin en cas de suspicion de lésion suspecte (biopsie, analyse anatomo-pathologique).

Facteurs de risque et populations vulnérables

Certains profils sont davantage exposés à une infection persistante par les papillomavirus ou à ses complications. Les principaux facteurs de risque identifiés sont : 

  • Début précoce de la vie sexuelle et multiplicité des partenaires sexuels
  • Rapports anaux (réceptifs notamment) : facteur de risque majeur de cancer de l’anus lié au HPV
  • Infection VIH ou autre cause d’immunodépression : l’infection VIH réduit la capacité de l’organisme à éliminer spontanément les virus, augmentant le risque de lésions précancéreuses 
  • Tabagisme : fragilise les défenses locales et favorise la persistance virale 
  • Antécédents d’IST (infections sexuellement transmissibles) 

Parmi les populations les plus vulnérables, les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) présentent un risque accru de cancer de l’anus lié aux HPV. La Haute Autorité de Santé recommande un rattrapage de vaccination HPV pour cette population jusqu’à 26 ans. Les personnes sous traitement immunosuppresseur ou vivant avec le VIH sont aussi particulièrement concernées : l’infection VIH réduit l’efficacité du système immunitaire pour éliminer spontanément les virus. 

Quand consulter un médecin ou un urologue ?

Selon les biologistes Biogroup, consultez rapidement un médecin, un urologue ou un dermatologue si vous remarquez :

  • Des verrues génitales (condylomes) ou des lésions inhabituelles sur le pénis, le scrotum ou autour de l’anus 
  • Des douleurs, démangeaisons ou saignements inexpliqués au niveau génital ou anal 
  • Une gêne persistante de la gorge, une difficulté à avaler ou une voix enrouée qui dure plusieurs semaines, et peuvent faire suspecter une lésion ORL 

Un diagnostic précoce permet de détecter d’éventuelles lésions précancéreuses avant toute évolution. Les laboratoires de biologie médicale réalisent le test HPV par PCR et vous orientent vers le spécialiste adapté à votre situation. 

Traitement, vaccination et prévention

À ce jour, aucun médicament ne permet d’éliminer les virus HPV . La prise en charge concerne les manifestations visibles : les lésions et les verrues génitales sont traitées selon leur nature et leur étendue, avec des méthodes adaptées prescrites par un médecin.

La vaccination reste le moyen le plus efficace de prévention. Le vaccin HPV protège contre les principaux types à haut risque oncogène responsables de cancers. En France, le vaccin est recommandé dès 11 ans, aussi bien pour les garçons que pour les jeunes filles, avec un rattrapage possible jusqu’à 26 ans. La Haute Autorité de Santé recommande notamment ce rattrapage pour les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH). Une bonne couverture vaccinale dans la population réduit significativement le risque de transmission du virus. 

Le port du préservatif limite le risque de transmission, sans toutefois offrir une protection absolue, puisque les HPV se transmettent aussi par simple contact cutané.

Les réponses à vos questions

Oui, les papillomavirus humain (HPV) sont très contagieux. Il se transmettent lors de contacts intimes — rapports sexuels avec ou sans pénétration, ou contact peau à peau au niveau génital — avec ou sans symptômes visibles. Une personne porteuse peut transmettre le virus sans le savoir. 

Dans la plupart des cas, l’infection à papillomavirus disparaît spontanément grâce au système immunitaire, en quelques mois à quelques années. Lorsque les virus persistent au-delà de cette période, on parle d’infection persistante, qui nécessite un suivi médical adapté en cas de lésions avérées. 

Il n’existe pas de traitement permettant d’éliminer directement les virus HPV. Cependant, dans la majorité des cas, l’organisme élimine l’infection spontanément. Les manifestations visibles, comme les condylomes (verrues génitales), peuvent être traitées médicalement : médicaments topiques, cryothérapie ou ablation chirurgicale. 

La vaccination HPV est recommandée dès 11 ans pour les filles et les garçons, avec un rattrapage possible jusqu’à 26 ans, notamment pour les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH). Plus tôt la vaccination est réalisée, plus elle est efficace. 

Oui, il est possible d’être infecté par différents types de HPV au cours de sa vie. La vaccination reste la meilleure protection contre les types les plus dangereux 

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