Transmissions hantavirus : comment s’attrape-t-il et comment se protéger ?

— 24 juin 2026

L'hantavirus est un virus transmis à l'être humain principalement par des rongeurs infectés, faisant de cette infection une zoonose, c'est-à-dire une maladie d'origine animale. La contamination survient le plus souvent par inhalation de poussières contaminées par les urines, les selles ou la salive de rongeurs porteurs du virus, sans qu'un contact direct avec l'animal soit nécessaire. [1] Selon les souches concernées, les manifestations cliniques peuvent aller d'une atteinte rénale à un syndrome cardiopulmonaire sévère, avec des degrés de gravité très variables. En France métropolitaine, la souche Puumala est la plus répandue [1,2], tandis que le virus Andes, décrit en Amérique du Sud, se distingue par une transmission interhumaine rapportée dans certains contextes. Cet article vous présente en détail les modes de contamination, les situations à risque, les symptômes à surveiller, ainsi que les moyens de diagnostic et de protection disponibles. 

Qu’est-ce que le hantavirus ?

Une zoonose transmise par les rongeurs

Les hantavirus appartiennent à la famille des Hantaviridae et circulent principalement parmi les rongeurs sauvages, qui constituent leur réservoir naturel — c'est-à-dire l'espèce animale qui héberge le virus et le maintient en circulation dans l'environnement, sans nécessairement tomber malade. 

Ces rongeurs infectés excrètent le virus en continu dans leurs urines, leurs selles et leur salive. L'être humain peut alors se contaminer en fréquentant des zones souillées par ces sécrétions, sans jamais avoir eu de contact direct avec l'animal. 

Le risque d'exposition concerne donc autant les espaces naturels que certains lieux du quotidien — caves, remises, abris de jardin — où des rongeurs sauvages ont pu s'installer. 

Les différentes souches : Puumala en France et virus Andes

Tous les hantavirus ne provoquent pas les mêmes maladies. En France métropolitaine, le virus Puumala est la souche dominante : transmis par le campagnol roussâtre, il est à l'origine de la fièvre hémorragique avec syndrome rénal (FHSR), une infection fébrile pouvant entraîner une atteinte des reins. Sa circulation est particulièrement concentrée dans le quart nord-est du territoire, même si Santé publique France observe une extension vers le sud et l'ouest depuis 2017. [2] 

Le virus Andes, lui, est surtout décrit en Amérique du Sud, notamment en Argentine et au Chili. Il provoque un syndrome cardiopulmonaire à hantavirus, avec une atteinte respiratoire et cardiovasculaire pouvant devenir rapidement sévère. Sa particularité : dans certains contextes de contacts étroits et prolongés, une transmission interhumaine a été documentée — ce qui le distingue nettement de Puumala et des autres hantavirus. 

Depuis mai 2026, un foyer lié au navire de croisière MV Hondius a mis ce virus sous les projecteurs en France. 

Comment s’attrape le virus Hantavirus ?

L’inhalation de poussières contaminées : voie principale

Le mécanisme de contamination est avant tout respiratoire : lorsque des rongeurs infectés souillent un environnement avec leurs sécrétions, les particules virales se déposent sur les surfaces et dans la poussière ambiante. Si ces poussières sont remises en suspension dans l'air — lors d'un balayage, d'un déplacement de matériaux ou de travaux — elles peuvent être inhalées sans que vous vous en rendiez compte. 

C'est précisément ce caractère invisible et silencieux qui rend cette voie de transmission particulièrement insidieuse. Aucun contact direct avec un rongeur n'est nécessaire : la simple manipulation de bois stocké ou le nettoyage d'un local longtemps inoccupé peut suffire à exposer votre système respiratoire au virus. 

Les zones à risque et les activités exposantes sont détaillées plus loin dans cet article, mais retenez que toute situation générant de la poussière dans un espace potentiellement fréquenté par des rongeurs mérite une vigilance particulière. 

La morsure et le contact direct : des voies plus rares

La morsure par un rongeur infecté est parfois citée comme voie de contamination possible, mais elle reste bien plus marginale que l'inhalation de poussières. Les sources françaises, dont le COREB, rappellent que ce n'est pas le mode de transmission habituel des hantavirus. 

Un contact direct avec un animal vivant ou mort — manipulation sans protection d'un rongeur capturé, par exemple — peut théoriquement exposer au virus via des micro-lésions cutanées ou des muqueuses. Le risque dépend néanmoins de plusieurs facteurs : la présence réelle du virus dans l'animal, l'intensité de l'exposition et l'espèce concernée. 

En pratique, ce scénario reste peu fréquent. La grande majorité des cas de maladies infectieuses émergentes liées aux hantavirus surviennent sans aucun contact physique direct avec le principal réservoir que sont les rongeurs sauvages. 

La transmission interhumaine : cas du virus Andes

Le virus Andes occupe une place à part parmi les hantavirus : c'est la seule souche pour laquelle une transmission de personne à personne a été documentée. Le COREB et l'ANRS MIE précisent que cette transmission reste limitée et survient dans des conditions bien précises — notamment après un contact étroit et prolongé avec un patient infecté, via les sécrétions respiratoires ou autres liquides biologiques [7], ou dans des espaces confinés [5,7]. Contrairement à la grippe ou au COVID-19, le virus Andes n'est pas considéré comme facilement contagieux : les cas secondaires restent rares. 

Ce mode de transmission ne constitue pas la règle. Pour la grande majorité des hantavirus, seule la voie zoonotique (rongeur → humain) est en cause. 

Lorsqu'une chaîne de transmission interhumaine est suspectée, les autorités sanitaires compétentes peuvent organiser une surveillance des personnes contacts. En l'absence de symptômes ou de consigne officielle, une exposition incertaine ne justifie pas nécessairement la réalisation d'un test.

Quelles situations et quels lieux sont à risque ?

Les activités exposantes : nettoyage, travaux, forêt

Santé publique France identifie plusieurs situations concrètes qui augmentent le risque d'inhaler des poussières contaminées par des rongeurs sauvages. Certaines activités du quotidien ou professionnelles placent ainsi involontairement au contact de particules virales. 

Les situations les plus concernées sont : 

  • le nettoyage d'un local longtemps fermé (remise, cave, grange, hangar) où des rongeurs ont pu séjourner ; 
  • la rénovation ou les travaux dans de vieux bâtiments poussiéreux ; 
  • la manipulation de bois stocké à l'extérieur ou dans un espace peu ventilé ; 
  • les activités forestières ou en milieu rural, notamment dans les zones géographiques où le virus circule. 

Les personnes vivant ou travaillant à proximité de forêts, de milieux ruraux ou d'habitats propices aux rongeurs sont davantage exposées dans les régions concernées.

Les environnements à surveiller : caves, granges, abris

Certains lieux du quotidien concentrent un risque élevé de présence de rongeurs et d'accumulation de poussières contaminées. Ce sont souvent des espaces peu fréquentés, mal ventilés, où des excrétas peuvent s'accumuler pendant des mois sans être détectés. 

Les environnements les plus à risque sont : 

  • les caves et sous-sols humides, propices à la nidification ; 
  • les granges, remises et hangars agricoles ou de jardin ; 
  • les abris de jardin et cabanes rarement ouverts ; 
  • les bâtiments longtemps fermés ou abandonnés ; 
  • les zones de stockage de bois, à l'extérieur comme en intérieur. 

Ce qui rend ces espaces particulièrement exposants, c'est l'accumulation silencieuse de matières contaminées : un rongeur peut avoir séjourné dans un lieu sans y être encore présent au moment où vous y pénétrez. 

Épidémiologie : où circule le virus en France ?

En France métropolitaine, le virus Puumala est la souche la plus répandue. Il est responsable de la fièvre hémorragique avec syndrome rénal (FHSR) et circule historiquement dans le quart Nord-Est du territoire. Depuis 2017, Santé publique France observe une extension progressive vers le sud et l'ouest, élargissant ainsi la zone géographique à surveiller. 

Les régions comme la Lorraine, les Ardennes ou la Franche-Comté restent particulièrement concernées. 

En mai 2026, un foyer lié à la souche Andes a été identifié en France, en lien avec le navire MV Hondius. [6,7] Cette souche, habituellement décrite en Amérique du Sud, a fait l'objet d'un point épidémiologique détaillé par Biogroup. 

Quels sont les symptômes d’une infection à hantavirus ?

Pour en savoir plus, rendez-vous sur notre article : Les Symptômes de l'Hantavirus expliqués 

Diagnostic : comment confirmer une infection ?

Les analyses biologiques : sérologie et RT-PCR

Deux types d'analyses biologiques contribuent au diagnostic d'une infection à hantavirus : la sérologie et la RT-PCR. 

Pour en savoir plus, rendez-vous sur notre article : Comment savoir si on a l'hantavirus ? ou encore Où faire un test Hantavirus ? Le dépistage dans les laboratoires Biogroup

Quand consulter et qui contacter ?

Si vous avez réalisé une activité à risque — nettoyage d'un local fermé, travaux en milieu forestier, contact avec des déjections de rongeurs — et que de la fièvre apparaît dans les semaines qui suivent, consultez votre médecin traitant sans attendre. 

Certains signes justifient une prise en charge rapide : 

  • essoufflement ou gêne respiratoire 
  • oppression thoracique 
  • diminution marquée des urines 
  • malaise, confusion ou dégradation rapide de l'état général 

Signalez systématiquement l'exposition à votre médecin : ce contexte est indispensable pour orienter le diagnostic. En effet, une fièvre accompagnée de douleurs musculaires peut avoir de nombreuses causes — grippe, COVID-19, autre infection virale ou bactérienne — et seule l'association entre les symptômes, l'exposition et le délai permet au médecin d'orienter les examens de façon appropriée. En cas de foyer identifié, les agences régionales de santé peuvent organiser une surveillance des personnes co-exposées. 

Pour le diagnostic biologique, les laboratoires de biologie médiclae réalisent les prélèvements nécessaires sur prescription médicale, dans le cadre d'un parcours de soins coordonné. Pour trouver le laboratoire le plus proche de chez vous, consultez l'annuaire des laboratoires Biogroup. 

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Les réponses à vos questions

La transmission habituelle se fait par inhalation de particules contaminées par les urines, les selles ou la salive de rongeurs infectés. La morsure par un rongeur infecté est un mode plus rare. Pour le virus Andes uniquement, une transmission de personne à personne a été documentée dans certains contextes de contacts étroits et prolongés ou en espaces confinés. 

Oui. Les déjections (selles, urines) de rongeurs infectés peuvent contaminer les surfaces et les poussières d'un local. Si ces poussières sont remises en suspension — lors d'un balayage à sec ou de travaux — et inhalées, le risque de contamination existe. Il est recommandé d'humidifier les surfaces avant tout nettoyage et de porter un masque de type FFP2 et des gants. 

Oui. En France métropolitaine, le virus Puumala est la souche dominante, responsable de la fièvre hémorragique avec syndrome rénal (FHSR). Il circule historiquement dans le quart nord-est du territoire, et Santé publique France observe une extension progressive vers le sud et l'ouest depuis 2017. En mai 2026, un foyer lié à la souche Andes a également été identifié en France, en lien avec le navire MV Hondius. 

La période d'incubation varie généralement entre 1 semaine et 2 mois selon Santé publique France. Le COREB retient une plage compatible de 1 à 6 semaines après exposition dans le contexte d'alerte. La durée des symptômes et de la convalescence dépend de la forme clinique et de sa gravité. 

La gravité dépend surtout de la souche en cause. Le syndrome cardio-pulmonaire lié au virus Andes présente un taux de létalité significativement plus élevé que la forme rénale (FHSR) liée au virus Puumala, dont l'évolution est favorable dans la majorité des cas. Une prise en charge médicale précoce améliore le pronostic. 

Non. À ce jour, aucun vaccin ni traitement antiviral approuvé n'existe contre les infections à hantavirus. Santé publique France et le COREB confirment qu'il n'existe pas de traitement spécifique disponible. La prise en charge repose sur des soins de soutien adaptés à la gravité : surveillance médicale, soutien des fonctions rénale et respiratoire si nécessaire, et hospitalisation en cas de forme sévère. 

Si vous avez réalisé une activité à risque (nettoyage d'un local fermé, manipulation de bois, activité forestière, contact avec des déjections de rongeurs) et que de la fièvre apparaît dans les semaines suivantes, consultez votre médecin traitant en lui signalant l'exposition. Le diagnostic repose sur la combinaison des symptômes, du contexte d'exposition, du délai depuis le contact, et d'analyses biologiques (sérologie, RT-PCR) prescrites et interprétées par un médecin. 

L'infection à 'hantavirus est une zoonose, c'est-à-dire une maladie transmise à l'être humain par des animaux, principalement des rongeurs infectés. Ces rongeurs excrètent le virus dans leurs urines, leurs selles et leur salive. La transmission se fait surtout par inhalation de poussières contaminées. Les symptômes peuvent varier selon la souche du virus : fièvre, douleurs musculaires, atteinte rénale (dans le cas du virus Puumala) ou atteinte respiratoire et cardiovasculaire sévère (dans le cas du virus Andes). La létalité dépend de la souche : la forme rénale liée au virus Puumala est généralement peu mortelle et évolue favorablement dans la majorité des cas, tandis que le syndrome cardiopulmonaire causé par le virus Andes présente un risque de décès beaucoup plus élevé. 

Oui, il est possible de contracter l'hantavirus à partir de crottes de souris ou d'autres rongeurs infectés. Les déjections contaminent les surfaces et la poussière d'un local. Lorsque ces poussières sont remises en suspension dans l'air, par exemple lors d'un balayage à sec, d'un nettoyage ou de travaux, elles peuvent être inhalées. Le virus pénètre alors dans l'organisme par les voies respiratoires, même sans contact direct avec les rongeurs. 

Pour réduire le risque d'infection, il est recommandé de : 

  • Ne pas balayer à sec ; utiliser de préférence un aspirateur
  • Humidifier les surfaces avant le nettoyage afin d'empêcher la dispersion des poussières. 
  • Porter un masque FFP2 et des gants lors du nettoyage de caves, granges, remises ou autres locaux peu fréquentés. 
  • Aérer les locaux fermés avant d'y travailler. 
  • Éviter le contact direct avec les rongeurs vivants ou morts et leurs déjections. 
  • Maintenir les lieux de stockage et les habitations propres afin de limiter la présence de rongeurs. 

Bibliographie

[1] Hantavirus : la maladie — Santé publique France — https://www.santepubliquefrance.fr/hantavirus/la-maladie — (2025) 

[2] Hantavirus : données — Santé publique France — https://www.santepubliquefrance.fr/hantavirus/donnees — (2025) 

[3] Activités du CNR des Hantavirus — Institut Pasteur / CNR — https://www.pasteur.fr/fr/sante-publique/CNR/les-cnr/hantavirus/activites — (2025) 

[4] Informations et recommandations sur les hantavirus — Institut Pasteur / CNR — https://www.pasteur.fr/fr/sante-publique/CNR/les-cnr/hantavirus/la-maladie-recommandations — (2026) 

[5] Hantavirus : repérer et prendre en charge un patient suspect en France — COREB Mission nationale — https://www.coreb.infectiologie.com/UserFiles/File/procedures/20260508-fiche-coreb-hantavirus.pdf — (2026) 

[6] Hantavirus cluster linked to cruise ship travel, Multi-country — Organisation mondiale de la Santé — https://www.who.int/emergencies/disease-outbreak-news/item/2026-DON600 — (2026) 

[7] Hantavirus Outbreak Response unit — ANRS Maladies infectieuses émergentes — https://anrs.fr/en/disease-outbreak/emergence-units/hantavirus/ — (2026) 

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