INFECTIOLOGIE

Test HPV et frottis (cytologie) : quelles différences et quand les faire ? ( Cloned )

— 8 juin 2026

Le test HPV et lexamen cytologique des cellules de l’endocol (anciennement “frottis”) sont deux examens utilisés dans le dépistage du cancer du col de l’utérus, mais ils ne recherchent pas la même chose. Le test HPV consiste à mettre en évidence par PCR l’ADN des Papillomavirus Humains (HPV) à haut risque oncogène pour voir si ils sont présents dans le prélèvement à analyser (prélèvement d’endocol en milieu liquide ou auto-prélèvement vaginal).  L’examen cytologique du prélèvement cervico-utérin (également souvent appelé “frottis”) consiste à analyser les cellules prélevées au niveau de l’endocol afin de détecter d’éventuelles anomalies cellulairesCes deux approches sont complémentaires et leur utilisation en test de dépistage de première intention varie selon l’âge : la cytologie est recommandée en première intention entre 25 et 29 ans, et le test HPV devient l’examen de référence à partir de 30 ans, selon les recommandations de la Haute Autorité de Santé (2019). Cet article vous présente en détail les différences entre ces examens, les modalités de prélèvement, ainsi que les clés pour comprendre vos résultats.

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I. Deux examens, un même objectif de dépistage

Ces deux types de tests s’inscrivent dans le programme national de dépistage du cancer du col de l’utérus, selon des indications d’âge définies par la Haute Autorité de Santé (HAS).

A. Le frottis cervico-utérin et la cytologie

Concrètement, ce prélèvement est réalisé par un professionnel de santé — gynécologue, médecin généraliste, sage-femme ou biologiste dans votre laboratoire de biologie médicale de proximité — à l’aide d’une petite brosse introduite au niveau du col de l’utérus. Les cellules collectées sont ensuite déposées dans un milieu de transport (on parle de frottis cervico-vaginal en milieu liquide) envoyé au laboratoire pour analyse.

En laboratoire, le médecin anatomo-pathologiste examine ces cellules au microscope : c’est ce qu’on appelle l’examen cytologique. L’objectif est de repérer d’éventuelles anomalies cellulaires, notamment des lésions précancéreuses, qui peuvent être traitées à un stade précoce avant toute évolution vers un cancer. 

À noter : ce type d’examen ne détecte pas directement la présence de virus HPV — c’est le rôle du test HPV-HR, présenté dans la section suivante. 

B. Le test HPV-HR : détecter l‘ADN de virus

Le test HPV-HR (HPV à Haut Risque Oncogène) fonctionne différemment : il ne regarde pas l’aspect des cellules, mais recherche directement la présence d’ADN des papillomavirus humains dans le prélèvement. Plus précisément, il recherche les génotypes de HPV dits à haut risque oncogène, c’est-à-dire ceux susceptibles de provoquer des lésions précancéreuses ou un cancer du col de l’utérus s’ils persistent (L’HAS liste 14 génotypes à Haut-Risque Oncogène).

Ce test repose sur une technique de biologie moléculaire, réalisée en laboratoire de biologie médicale. Sa sensibilité est bien supérieure à celle de l’examen cytologique pour détecter des lésions précancéreuses. 

À savoir : avec une ordonnance, le test HPV-HR est pris en charge par l’Assurance Maladie, sans avance de frais. Un résultat positif ne signifie pas automatiquement la présence d’un cancer, mais nécessite un suivi adapté. 

II. À quel âge et à quelle fréquence se faire dépister ?

A. Entre 25 et 29 ans : la cytologie en première intention

Entre 25 et 29 ans, le programme national de dépistage recommande la cytologie — et non le test HPV — comme examen de référence de dépistage de première intention. Cette orientation tient à une raison biologique précise : les infections à HPV sont fréquentes et souvent transitoires chez les jeunes femmes, leur organisme éliminant les virus spontanément le plus souvent. Pour cette tranche d’âge, le test HPV a été jugé non pertinent par l’HAS comme test de dépistage initial du cancer du col de l’utérus, car la présence d’HPV à cet âge est essentiellement le reflet d’une activité sexuelle, et non une possible prédisposition à un cancer du col de l’utérus.  

Le calendrier recommandé en fonction de l’âge est le suivant :

  • Un premier frottis à 25 ans
  • Un second frottis 1 an après, si le résultat est normal
  • Puis un frottis tous les 3 ans jusqu’à 29 ans

Ce dépistage est réalisé chez un médecin, gynécologue, sage-femme ou laboratoire de biologie médicale. Les laboratoires analysent ensuite les prélèvements transmis par le professionnel de santé. Si vous avez reçu un courrier d’invitation sur votre espace Ameli, c’est le moment d’en tenir compte. Pour tout savoir sur le rythme recommandé selon votre âge et votre situation, consultez notre article dédié : À quelle fréquence faire un frottis cervical ?

B. De 30 à 65 ans : le test HPV comme examen de référence

Passé 30 ans, la logique de dépistage change. Les infections à HPV transitoires deviennent moins fréquentes : si le virus est détecté, il est plus probable qu’il soit le reflet d’un portage persistant, avec une probabilité de prédisposition au cancer plus élevée. C’est pourquoi la HAS recommande le test HPV-HR en remplacement de la cytologie seule pour toutes les femmes de 30 à 65 ans.

Pour comprendre les enjeux du dépistage du cancer du col de l’utérus dans son ensemble, consultez notre article complet : Dépistage du cancer du col de l’utérus. 

Le rythme recommandé dans le cadre de ce dépistage est le suivant :

  • Tous les 3 ans après une cytologie négative, entre 25 et 30 ans. 
  • Tous les 5 ans après un test HPV-HR négatif, à partir de 30 ans 
  • Jusqu’à 65 ans, à condition que les derniers examens soient normaux 

La réalisation d’un test HPV-HR est prise en charge par l’Assurance Maladie sur la base du tarif conventionnel, avec une ordonnance. 

Dans le cadre du programme de dépistage organisé, la réalisation d’un test HPV-HR s’inscrit dans une démarche de prévention structurée, recommandée par la HAS. 

III. Comment se déroule le prélèvement ?

A. Le prélèvement cervico-utérin  

Le prélèvement cervico-utérin est réalisé par un gynécologue, un médecin généraliste ou une sage-femme, lors d’un examen gynécologique en cabinet. Il peut être également réalisé en laboratoire de biologie médicale. La patiente est installée en position gynécologique ; le geste est rapide, généralement indolore, et dure quelques secondes.

L’échantillon prélevé à l’aide d’une petite brosse au niveau du col de l’utérus est ensuite transmis à un laboratoire  qui se charge de l’analyse : cytologie au microscope transmise à nos confrères anatomo-pathologistes ou test HPV-HR par PCR réalisé en laboratoire de biologie médicale. 

En cas d’anomalie détectée, votre médecin pourra orienter vers des examens complémentaires, comme une colposcopie ou une éventuelle biopsie si nécessaire. 

B. L’auto-prélèvement vaginal : pour qui, comment ?

L’auto-prélèvement vaginal s’adresse en priorité aux femmes qui ne participent pas régulièrement au dépistage classique — par manque de temps, difficulté d’accès à un professionnel de santé, ou appréhension du geste gynécologique. Il constitue une alternative au prélèvement d’endocol classique pour rechercher les HPV à haut risque oncogène par PCR.

La démarche est simple : récupérez votre kit directement dans un laboratoire, ou auprès de votre médecin ou de votre sage-femme. Vous réalisez ensuite vous-même le prélèvement à domicile ou au laboratoire, à l’aide de l’écouvillon fourni dans le kit, en suivant la notice — le geste prend quelques secondes. L’échantillon est ensuite remis au laboratoire dans la journée. 

Le kit d’auto-prélèvement HPV est disponible sans ordonnance dans tous les laboratoires participants. Il constitue une solution accessible pour le dépistage du cancer du col de l’utérus chez les femmes peu ou pas dépistées. 

À savoir : l’auto-prélèvement ne permet pas d’analyse cytologique des cellules de l’endocol. Si le résultat du test HPV est positif, un prélèvement d’endocol réalisé par un professionnel sera nécessaire pour compléter le bilan et réaliser un examen cytologique. Pour en savoir plus sur les HPV et leurs conséquences, consultez notre article complet sur le papillomavirus. 

IV. Comment interpréter vos résultats ?

A. Résultat négatif : que cela signifie-t-il ?

Un résultat négatif du test HPV-HR signifie qu’aucun papillomavirus à haut risque oncogène n’a été détecté dans votre prélèvement. C’est une bonne nouvelle : ce résultat est associé à un faible risque de lésions précancéreuses à court terme. Pour la cytologie, un résultat négatif indique que les cellules du col de l’utérus ne présentent pas d’anomalie visible au moment de l’analyse.

Un résultat négatif ne garantit pas l’absence de toute pathologie gynécologique. Votre médecin reste votre interlocuteur privilégié pour interpréter ces résultats dans leur globalité, en tenant compte de votre historique de santé. Si un doute persiste ou si des symptômes apparaissent, un nouveau test ou un examen complémentaire pourra être recommandé. Nos biologistes Biogroup sont également disponibles pour répondre à vos questions d’interprétation, en toute confidentialité.

B. Résultat positif : quelle conduite à tenir ?

Recevoir un résultat de test HPV positif ne signifie pas avoir un cancer. Cela indique simplement qu’un HPV à haut risque oncogène a été détecté sur le prélèvement analysé — un virus que votre système immunitaire peut tout à fait éliminer spontanément. Cet examen étant très sensible mais d’une spécificité imparfaite, l’ajout d’un examen cytologique réflexe sur le même prélèvement (s’il s’agit d’un prélèvement d’endocol) sera effectué directement pour voir si oui ou non il existe des anomalies cellulaires associées.

À noter : c’est l’infection persistante par un HPV à haut risque oncogène qui constitue le principal facteur de risque de lésions précancéreuses du col de l’utérus. La majorité des infections disparaissent spontanément, sans laisser de séquelles. 

La conduite à tenir dépend ensuite de votre situation :

  • Sans anomalie cellulaire associée : une surveillance rapprochée suffit généralement, avec un contrôle à distance (test HPV à un an) 
  • Avec une anomalie cellulaire : une colposcopie (examen visuel du col à l’aide d’une loupe binoculaire) est recommandée, pouvant mener à une biopsie si une zone suspecte est identifiée. 

Dans tous les cas, votre médecin reste l’interlocuteur clé pour interpréter le résultat selon votre âge, vos antécédents et le résultat cytologique. Pour comprendre en détail les implications d’un résultat positif, consultez notre article dédié : Comprendre un résultat positif au papillomavirus. 

Si votre frottis présente également des anomalies cellulaires, notre guide dédié vous accompagne dans l’interprétation : Comprendre un frottis positif au papillomavirus. 

Faut-il une ordonnance ? Le dépistage est-il remboursé ?

Pour le dépistage du cancer du col de l’utérus, une ordonnance est généralement nécessaire. Avec une prescription de votre médecin, gynécologue ou sage-femme, le test HPV-HR et le frottis cervico-utérin sont pris en charge par l’Assurance Maladie sur la base du tarif conventionnel.

À savoir : si vous avez reçu un courrier d’invitation dans le cadre du programme de dépistage organisé du cancer du col de l’utérus, celui-ci fait office de prescription — vous pouvez vous rendre directement dans un laboratoire sans consulter au préalable. 

Les réponses à vos questions

Le frottis cervico-utérin (cytologie) analyse les cellules du col de l’utérus pour détecter des anomalies cellulaires. Le test HPV-HR détecte directement la présence du virus par PCR, avant même que des anomalies cellulaires soient visibles. Ces deux examens sont complémentaires et peuvent être réalisés à partir d’un même prélèvement cervico-utérin. 

Le test HPV-HR est recommandé à partir de 30 ans dans le cadre du dépistage du cancer du col de l’utérus. Entre 25 et 29 ans, c’est la cytologie (frottis) qui est privilégiée. Le dépistage se poursuit jusqu’à 65 ans, à condition que les derniers examens soient normaux. 

Un test HPV positif indique la présence d’un papillomavirus à haut risque oncogène. Cela ne signifie pas la présence d’un cancer : dans la plupart des cas, l’infection est éliminée spontanément par le système immunitaire. Un résultat positif nécessite un suivi médical adapté, qui peut inclure un contrôle à distance ou une colposcopie selon votre situation. 

Le prélèvement est réalisé par un gynécologue, médecin généraliste ou sage-femme en cabinet, à l’aide d’une petite brosse au niveau du col de l’utérus. Le geste est rapide et généralement indolore. L’échantillon est ensuite transmis à un laboratoire de biologie médicale — les biologistes Biogroup réalisent la détection du virus par technique PCR. 

Les résultats sont généralement disponibles entre 3 et 7 jours après le prélèvement. Ils vous sont transmis par voie électronique. Les biologistes Biogroup restent disponibles pour répondre à vos questions d’interprétation, en toute confidentialité. 

Il existe deux principaux types de tests dans le cadre du dépistage du cancer du col de l’utérus : l’examen cytologique (frottis, recommandé entre 25 et 29 ans) et le test HPV-HR par PCR, qui détecte l’ADN du papillomavirus humain à haut risque (recommandé à partir de 30 ans). Les deux examens peuvent être réalisés à partir d’un même prélèvement cervico-utérin. Selon les biologistes Biogroup, ces deux approches sont complémentaires et couvrent l’ensemble des besoins du dépistage. 

Dans la majorité des cas, l’infection à HPV est sans gravité et disparaît spontanément. Certains types de HPV à haut risque oncogène peuvent, en cas de persistance, être associés à des lésions précancéreuses du col de l’utérus. C’est pourquoi le dépistage régulier est essentiel : il permet de détecter ces lésions avant toute évolution vers un cancer. 

Le test HPV est recommandé dans le cadre du dépistage du cancer du col de l’utérus, selon votre âge : à partir de 30 ans et jusqu’à 65 ans, tous les 5 ans si le résultat est négatif. Le dépistage est recommandé même en l’absence de symptôme. Si vous avez reçu un courrier d’invitation de votre Caisse de Sécurité Sociale, celui-ci fait office de prescription. 

Sources & Bibliographie 

Cet article est rédigé à titre informatif et ne remplace pas un avis médical. Les informations sont basées sur les recommandations des autorités de santé françaises :

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