Connaître son taux de cadmium : méthodes, tests et résultats

Le cadmium est un métal lourd toxique auquel la population française est exposée au quotidien, principalement par l’alimentation et le tabac, sans en ressentir les effets avant que l’accumulation dans l’organisme n’atteigne un niveau préoccupant. Il s’accumule silencieusement dans l’organisme, en particulier au niveau des reins, pendant des années. Deux examens permettent de l’objectiver : le dosage urinaire, qui renseigne sur l’imprégnation chronique, et le dosage sanguin, qui reflète une exposition plus récente.
I. Qu’est-ce que le cadmium et pourquoi s’en préoccuper ?
A. Un métal lourd silencieux : définition et danger
Le cadmium (symbole Cd) est un métal lourd naturellement présent dans les sols et les roches, classé parmi les contaminants métalliques les plus préoccupants pour la santé publique. Une fois absorbé, il ne peut pas être éliminé efficacement par l’organisme et s’y accumule sur le long terme.
Trois notions sont à distinguer :
- L’exposition : le contact avec le cadmium via l’alimentation, le tabac ou l’environnement
- L’imprégnation : la quantité effectivement stockée dans l’organisme
- Les effets sanitaires : les conséquences possibles sur la santé à long terme (atteintes rénales, osseuses, risques cancérogènes dans certains contextes d’exposition prolongée)
L’étude Esteban de Santé Publique France (2014-2016) a révélé des niveaux d’imprégnation chez les adultes français supérieurs à l’enquête précédente et à plusieurs pays européens [2]. Cette imprégnation ne provoque aucun symptôme perceptible — seul un dosage biologique du cadmium permet de l’objectiver.

B. Alimentation et tabac : les principales sources d’exposition
Pour la majorité des non-fumeurs, l’alimentation constitue la voie d’exposition principale au cadmium. Selon l’Anses, plusieurs groupes d’aliments y contribuent davantage en raison de leur volume de consommation quotidien [1] :
- Céréales et produits céréaliers (pain, pâtes, riz)
- Pommes de terre et légumes
- Coquillages, crustacés et abats
Le cadmium pénètre dans ces aliments par les racines des plantes, à partir de sols chargés ou enrichis par l’épandage d’engrais minéraux phosphatés.
Chez les fumeurs, la cigarette représente la source d’imprégnation dominante, bien au-delà de l’alimentation. Ni l’alimentation ni le tabagisme ne provoquent de signal d’alerte perceptible.
II. Qui devrait faire tester son taux de cadmium ?
A. Les profils les plus exposés en France

Certains profils sont plus à risque:
- Les femmes enceintes : risques pour le développement fœtal
- Les jeunes enfants : imprégnation mesurable dès le plus jeune âge (étude Esteban)
- Les personnes âgées : reins et os plus vulnérables à l’accumulation chronique
- Les fumeurs (tabagisme actif ou passif) : source d’imprégnation dominante
- Les personnes résidant près d’un site pollué ou de zones agricoles à sols contaminés
- Les personnes présentant des carences en fer, calcium ou zinc, qui favorisent l’absorption digestive du cadmium [3]
- Les travailleurs exposés en milieu industriel
Un dosage urinaire du cadmium — ou sanguin selon le contexte — permet d’objectiver l’exposition réelle.
B. Quand consulter son médecin pour un dosage ?
Si vous vous reconnaissez dans l’un de ces profils, consultez votre médecin traitant : la prescription médicale oriente le dosage le plus adapté — urinaire ou sanguin — et assure la prise en charge par l’Assurance Maladie, remboursée à 60 % depuis le 16 juin 2026 pour les personnes à risque, selon les conditions définies par la HAS.
La HAS recommande cette démarche en particulier lorsqu’il existe un risque environnemental documenté lié au lieu de résidence [3]. Un résultat élevé ne pose pas de diagnostic à lui seul : c’est votre médecin qui l’interprète selon votre contexte personnel.
III. Comment faire un test de cadmium en laboratoire ?
A. Le test d’urine (cadmiurie) : la référence pour l’imprégnation chronique
Le dosage du cadmium dans les urines — ou examen de cadmiurie — est l’examen de première intention pour évaluer une exposition longue durée. Exprimé en µg de cadmium par gramme de créatinine, il reflète la quantité accumulée dans les reins sur plusieurs années : un marqueur direct de l’imprégnation chronique et de l’exposition cumulée, comme le confirment les recommandations de référence sur le dosage du cadmium.
Le prélèvement s’effectue sur un simple échantillon d’urines. Les laboratoires Biogroup réalisent cette analyse dans des conditions adaptées aux éléments traces métalliques, avec des méthodes spécifiques pour éviter toute contamination.
B. Le test sanguin (cadmiémie) : mesurer une exposition récente
Le test sanguin (cadmiémie) répond à une autre logique : il renseigne avant tout sur une exposition récente ou en cours, ainsi que sur l’évolution des concentrations dans le temps [4].
Son intérêt est marqué en cas de source d’exposition nouvelle ou ponctuelle — changement d’environnement, consommation de légumes issus d’un sol contaminé, exposition professionnelle récente. Un résultat sanguin s’interprète toujours avec le contexte clinique, en complément du dosage urinaire si nécessaire pour évaluer l’imprégnation de la population. Ce dosage sanguin peut être prescrit par votre médecin en complément d’un résultat de cadmiurie élevée.
Les deux dosages sont disponibles dans les laboratoires Biogroup.

C. Conditions de remboursement et prise en charge du dépistage
Le dosage urinaire du cadmium repose sur un simple échantillon d’urine, réalisé dans n’importe quel laboratoire de biologie médicale du réseau Biogroup. Deux possibilités s’offrent à vous :
Avec une prescription médicale, le remboursement du dosage urinaire s’élève à 60 % (le reste pouvant être couvert par la complémentaire santé), dans deux situations définies par la HAS [3][5][6] :
- Le dépistage des personnes surexposées du fait de leur lieu de résidence, lorsque le sol a été reconnu par les autorités compétentes comme pollué par le cadmium
- La surveillance des personnes présentant une intoxication chronique au cadmium liée à leur lieu de résidence
Sans ordonnance, le dosage urinaire reste accessible à votre initiative, sans rendez-vous, grâce au bilan de santé cadmium sans ordonnance proposé par Biogroup — mais il n’est alors pas pris en charge par l’Assurance Maladie, votre complémentaire santé pouvant éventuellement en couvrir une partie. Retrouvez le laboratoire Biogroup le plus proche de chez vous.
IV. Comment interpréter ses résultats de cadmium ?
A. Les seuils de référence et leur signification
Les résultats sont interprétés en fonction de l’âge et de valeurs biologiques de référence.
Il n’existe pas de « seuil zéro » : une imprégnation de base est détectable chez la quasi-totalité de la population française. En cas de résultat élevé, deux dosages urinaires successifs à quelques mois d’intervalle sont nécessaires avant de retenir l’hypothèse d’une surexposition persistante [3]. Un chiffre isolé, même au-dessus des valeurs de référence, ne suffit pas à conclure : l’interprétation appartient toujours au médecin.

B. Marqueurs complémentaires pour évaluer l’atteinte rénale
En cas de concentration élevée, le bilan peut être approfondi par deux marqueurs urinaires : la RBP (retinol binding protein) et la β2-microglobuline, normalement réabsorbées par les tubules rénaux. Leur présence dans les urines signale un dysfonctionnement tubulaire.
Ces examens sont demandés sur indication médicale, en cas de suspicion de tubulopathie rénale [3], réalisables en laboratoire de ville, dans une démarche d’évaluation de la charge rénale, sans remplacer l’évaluation clinique de votre médecin.
V. Que faire après un résultat élevé ?
A. Réduire son exposition au quotidien
Arrêter ou réduire le tabac fait partie des mesures recommandées pour limiter son exposition, aux côtés d’une alimentation diversifiée : alterner les céréales, varier les sources de protéines, ne pas concentrer sa consommation sur les mêmes produits.
- Abats, chocolat noir et fruits de mer : à modérer sans nécessairement supprimer
- Céréales et produits céréaliers : à alterner entre différentes origines
Choisir des produits bio ne suffit pas à réduire le risque, puisque le cadmium provient des sols, quel que soit le mode de production.
B. Le suivi médical et biologique recommandé
Face à un taux élevé, parlez-en à votre médecin traitant : c’est lui qui décide, selon votre résultat et votre profil d’exposition, si un suivi biologique est nécessaire.
Le cadmium s’élimine très lentement, et il n’existe pas de méthode simple pour « détoxifier » rapidement l’organisme. L’enjeu du suivi est de surveiller l’évolution de votre imprégnation, par un dosage urinaire répété à distance. En cas d’exposition professionnelle documentée, votre médecin du travail organise une surveillance renforcée.

Conclusion
Ne négligez pas votre santé
Ce métal lourd s’accumule en silence pendant des années. C’est pourquoi le dosage biologique prend tout son sens : il donne une mesure objective là où aucun signal clinique n’alerterait pas spontanément.
Que vous soyez fumeur, exposé professionnellement ou simplement soucieux de votre santé, les laboratoires Biogroup réalisent le dosage urinaire du cadmium partout en France, sur prescription ou à votre propre initiative et sans rendez-vous. Pour trouver le laboratoire le plus proche, rendez-vous sur laboratoires.biogroup.fr.
Les réponses à vos questions
Sources & Bibliographie
[1] Qu’est-ce que le cadmium et comment réduire son exposition ? — Anses — www.anses.fr
[2] Étude Esteban — Imprégnation de la population française par le cadmium (2014-2016) — Santé Publique France — www.santepubliquefrance.fr — (2019)
[3] Dépistage, prise en charge et suivi des personnes potentiellement surexposées au cadmium du fait de leur lieu de résidence — HAS — www.has-sante.fr
[4] Fiche toxicologique cadmium — INRS — www.inrs.fr
[5] Qui est le plus exposé au cadmium et qui peut bénéficier d’un dépistage ? — ameli.fr
[6] Dépistage de l’exposition au cadmium : les examens biologiques désormais pris en charge — ameli.fr — (2026)