BIOLOGIE DE LA ROUTINE

Cadmium : où le trouve-t-on et comment se protéger ?

— 16 juin 2026

Le cadmium est un contaminant métallique toxique naturellement présent dans les sols, dont les concentrations ont été amplifiées par certaines activités humaines — métallurgie, engrais phosphatés, combustion du charbon. Ce qui le rend particulièrement préoccupant : accumulation silencieuse dans l'organisme pendant des années, principalement via l'alimentation et la fumée de cigarette, sans provoquer de symptômes visibles. Pour une présentation complète de ses effets et du dosage biologique, consultez notre guide complet sur le cadmium. 

Qu’est-ce que le cadmium ?

Le cadmium est un métal lourd — ou plus précisément un contaminant métallique toxique — dont la présence naturelle dans les sols a été amplifiée par certaines activités humaines. Sa cinétique d'élimination particulièrement lente favorise une accumulation progressive dans les tissus, notamment dans les reins et le foie. La quantité de cadmium ainsi stockée constitue l'imprégnation — distincte de la simple exposition et de ses effets sanitaires. 

Les travaux de l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) et les données de Santé Publique France s'appuient sur des valeurs toxicologiques de référence, notamment la dose journalière tolérable, pour évaluer le risque à l'échelle de la population générale. Ces seuils permettent de distinguer une exposition ordinaire des sous-groupes plus exposés — fumeurs, travailleurs en milieu industriel, femmes enceintes, enfants.

D’où vient le cadmium dans notre environnement ?

Les sources naturelles : sols et origine géologique

Le cadmium est présent à l’état naturel dans la croûte terrestre, associé aux minerais de zinc et de plomb. Sa présence naturelle dans les sols varie selon la géologie des régions : certaines zones présentent une contamination des sols plus élevée, générant des sources d’émission naturelles via l’érosion des roches et les phénomènes volcaniques. Les plantes cultivées — céréales, pommes de terre, légumes — absorbent ce cadmium directement via leurs racines, ce qui explique son passage dans la chaîne alimentaire bien avant toute intervention humaine.

Les engrais phosphatés et l’agriculture

L'épandage d'engrais minéraux phosphatés est l'une des principales sources d'émission humaines de cadmium dans les sols agricoles [1]. Ces engrais, issus du traitement de roches phosphatées, contiennent naturellement des traces de cadmium qui se déposent dans les terres cultivées saison après saison. Les cultures absorbent ce cadmium et le transfèrent dans la chaîne alimentaire — notamment via les produits céréaliers, les légumes racines et les oléagineux. Ce mécanisme concerne aussi l'agriculture biologique : certaines matières fertilisantes autorisées en bio peuvent elles aussi contenir du cadmium [1] — le label ne suffit pas à garantir une absence de contamination des sols. 

Les activités industrielles

Les industries métallurgiques — traitement des minerais de zinc, galvanisation, soudure — figurent parmi les principales sources d'émission de cadmium, avec la fabrication de batteries nickel-cadmium, la combustion du charbon et l'incinération des déchets. Ces activités génèrent une pollution atmosphérique diffuse dans l'air ambiant qui se dépose sur les sols et les cultures. Les concentrations en cadmium dans les terres agricoles situées à proximité de ces sources d'émission peuvent s'amplifier sur le long terme, amplifiant l'exposition au cadmium des populations locales. 

Quels aliments contiennent du cadmium ?

Céréales, pain et pommes de terre

Les céréales et produits céréaliers (pain, pâtes, riz), les pommes de terre et les oléagineux (graines de sésame, tournesol, lin) sont les principaux aliments contributeurs aux apports de cadmium de la population française, selon l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) [1]. Les résultats des études de surveillance montrent que ces aliments pèsent davantage dans l'exposition par leur volume de consommation quotidien dans la population générale, toutes classes d'âge confondues — y compris les enfants. La recommandation reste de varier son alimentation plutôt que d'exclure ces aliments. 

Légumes-feuilles, légumineuses et chocolat noir

Les légumes-feuilles (épinards, blettes, laitues) et les légumineuses (lentilles, pois chiches) accumulent davantage le cadmium présent dans les sols. Les résultats d'études et de méta-analyses européennes montrent que ces végétaux affichent des concentrations en cadmium plus élevées lorsqu'ils sont cultivés sur des terres à forte teneur en cadmium. Les résultats varient selon l'origine géographique des cultures et la fréquence de consommation. Le chocolat noir est également concerné : le cacaoyer absorbe le cadmium avec une efficacité notable — plus un chocolat est riche en cacao, plus sa teneur peut être élevée (le cacao provenant d'Amérique du Sud a une teneur en Cadmium plus élevée que le cacao provenant d'Afrique). Un article Biogroup revient en détail sur ce que votre consommation de chocolat représente en termes d'exposition. 

Coquillages, abats et alimentation bio

Les coquillages, crustacés et abats constituent d'autres sources d'aliments identifiées par l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) [1], en raison de leur rôle de filtre naturel dans leur environnement. Ces aliments concentrent le cadmium de façon notable — leur consommation doit être modérée plutôt qu'exclue. Quant à l'agriculture biologique, elle n'offre pas de protection garantie contre les apports de cadmium : la teneur en cadmium dépend avant tout de la composition du sol, et non du label. 

Par quelles autres voies s’expose-t-on au cadmium ?

La cigarette : première source d’inhalation

Pour les fumeurs, l'absorption cadmium via la voie pulmonaire est bien plus rapide et efficace que la voie digestive : les taux mesurés dans le sang et les urines dépassent systématiquement ceux des non-fumeurs. Sur le long terme, cette surexposition est associée à une atteinte rénale accélérée et un risque d'ostéoporose plus marqué. Un risque cancérogène est également documenté dans certains contextes d'exposition prolongée et intense — le risque dépend du niveau d'exposition, de sa durée et de la voie d'absorption. Réduire ou arrêter le tabac reste la mesure la plus efficace pour faire baisser son imprégnation au cadmium. 

L’eau du robinet et les milieux professionnels

L'eau du robinet représente une voie d'exposition généralement faible, encadrée par une réglementation stricte en France. En revanche, le risque en milieu professionnel est nettement plus élevé. Les industries métallurgiques, la fabrication de batteries nickel-cadmium, la production de pigments et le recyclage de batterie et de déchets électroniques exposent les salariés à une inhalation de poussières chargées en cadmium dans l'air ambiant. Les concentrations en cadmium auxquelles sont soumis ces travailleurs dépassent largement celles de la population générale. Un suivi médical renforcé est prévu dans ces secteurs — parlez-en à votre médecin du travail. 

Pourquoi les Français sont-ils plus exposés ?

L'étude Esteban (Santé Publique France, 2014-2016) constitue la référence française en matière de biosurveillance [1,2]. Ses résultats indiquent que les concentrations en cadmium mesurées chez les adultes étaient plus élevées qu'en 2006-2007, dépassant celles rapportées dans plusieurs pays européens. Ces résultats s'expliquent par la géologie des sols agricoles français — enrichis par des décennies d'engrais phosphatés — et par les habitudes alimentaires et tabagiques. Chez les fumeurs, les concentrations en cadmium dépassent systématiquement celles de la population générale non-fumeuse. Ces données de biosurveillance confirment que l'exposition en France est une préoccupation de santé publique spécifique, justifiée par les travaux de l'Anses et de Santé Publique France. 

Quels sont les effets du cadmium sur la santé ?

Intoxication au cadmium : reins, os et risque cancérogène

Une exposition chronique au cadmium affecte principalement les reins (risque de tubulopathie) et les os (fragilité osseuse accrue) dans la population générale [1]. Le cadmium est classé cancérogène de groupe 1 par le Centre international de recherche sur le cancer, sur la base de données issues de populations professionnellement exposées [1]. Les résultats des études disponibles indiquent que ce risque concerne surtout les personnes professionnellement exposées. Dans la vie courante, une exposition alimentaire ordinaire ne se traduit pas mécaniquement par un risque individuel identifiable. 

Pour une analyse approfondie des risques, consultez notre guide complet sur le cadmium : définition, risques et dosage en laboratoire. 

Comment réduire votre exposition et faire doser le cadmium ?

Comment éviter le cadmium dans l’alimentation ?

La recommandation de l'Anses [1] repose avant tout sur la variété alimentaire : limiter la fréquence des aliments à forte contribution (abats, chocolats noirs, fruits de mer), diversifier les féculents, alterner les légumes-feuilles. Les données disponibles confirment que la réduction des apports de cadmium passe avant tout par la diversité des aliments consommés, et non par l'exclusion d'un groupe alimentaire. Un règlement européen fixe des teneurs maximales en cadmium dans les denrées alimentaires, qu'elles soient issues de l'agriculture biologique ou conventionnelle. Réduire la consommation de tabac reste le levier le plus efficace sur les résultats d'imprégnation. 

Comment éliminer le cadmium dans le corps ?

Il n'existe pas de méthode permettant d'éliminer rapidement le cadmium dans l'organisme après une exposition chronique. Sa demi-vie dans les reins est estimée à plusieurs décennies. Aucun traitement détoxifiant n'accélère significativement ce processus. La priorité est de réduire les sources d'émission dans son environnement et ses apports de cadmium alimentaires. 

Si vous souhaitez objectiver votre niveau d'imprégnation, un dosage biologique du cadmium en laboratoire reste la seule démarche fiable. Le dosage urinaire est l'examen de référence pour l'imprégnation chronique (HAS [3]) ; le dosage sanguin renseigne sur une exposition récente (INRS [4]). 

Faire doser le cadmium dans un laboratoire Biogroup

Vous êtes concerné par votre exposition au cadmium — alimentation, tabac, lieu de résidence ou contexte professionnel ? La seule manière d'objectiver votre imprégnation est un dosage biologique. Un chiffre mesuré, interprété par votre médecin, pour une prise en charge adaptée à votre situation personnelle. 

Les dosages sur ordonnance sont désormais remboursés selon les conditions définies par l'HAS 2024: 

  • Dépistage des personnes potentiellement surexposées au cadmium du fait de leur lieu de résidence 
  • Surveillance des patients présentant une intoxication chronique du fait de leur lieu de résidence 

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Les réponses à vos questions

Les principaux contributeurs en France sont les céréales (pain, pâtes, riz), les pommes de terre, les légumes-feuilles, les oléagineux, les légumineuses, les coquillages, crustacés, abats et le chocolat noir. Leur poids dans l'exposition tient surtout à leur fréquence de consommation, pas à une teneur anormalement élevée. 

Pour les fumeurs, oui : la voie pulmonaire absorbe le cadmium bien plus efficacement que la voie digestive. Pour les non-fumeurs, c'est l'alimentation qui constitue la première source d'exposition. 

Pas nécessairement. La teneur dépend avant tout de la composition du sol, indépendamment du mode de production. Certaines matières fertilisantes autorisées en bio peuvent également contenir du cadmium, selon l'Anses [1]. 

Un dosage biologique (urinaire pour l'imprégnation chronique, sanguin pour l'exposition récente) est le seul moyen fiable. Parlez-en à votre médecin traitant ou demandez conseil au laboratoire. Pour en savoir plus sur le déroulement et l'interprétation du dosage, consultez notre article dédié au dosage du cadmium en laboratoire. 

Sources & Bibliographie

[1] « Qu'est-ce que le cadmium et comment réduire son exposition ? » — Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail) — www.anses.fr 

[2] Étude Esteban — « Imprégnation de la population française par le cadmium » (données 2014–2016) — Santé Publique France — www.santepubliquefrance.fr — (2019) 

[3] Recommandations sur le dosage du cadmium et l'exposition aux métaux lourds — HAS (Haute Autorité de Santé) — www.has-sante.fr 

[4] Fiche toxicologique cadmium — INRS (Institut National de Recherche et de Sécurité) — www.inrs.fr 

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