Prise de sang Alzheimer déroulement du test pTau217

Le diagnostic de la maladie d’Alzheimer repose traditionnellement sur des tests neuropsychologiques et des examens d’imagerie cérébrale, mais la recherche sur les biomarqueurs sanguins vient aujourd’hui compléter cette démarche dans le diagnostic clinico-biologique de la maladie d’Alzheimer. Parmi ces avancées, le pTau217 se distingue comme un marqueur sanguin capable de refléter la présence de la pathologie amyloïde et tau, avec des performances proches de celles obtenues par ponction lombaire [1]. Ce test s’adresse aux adultes de plus de 55 ans présentant un trouble cognitif déjà constaté, encadré par un médecin spécialiste, et non dans une logique de dépistage grand public. Découvrons comment se déroule cette prise de sang, de la préparation jusqu’à l’interprétation des résultats.
Quels sont les premiers signes de la maladie d’Alzheimer qui justifient un test ?
Quelques trous de mémoire ponctuels restent courants avec l’âge. La situation mérite une attention particulière lorsque ces troubles deviennent répétitifs et perturbent les activités habituelles : oublis fréquents avec répétition des mêmes questions, désorientation dans le temps ou dans des lieux familiers, difficultés de langage, changement de comportement inhabituel, perte d’autonomie progressive. Lorsque plusieurs de ces signes se cumulent, un test mémoire réalisé par votre médecin traitant permet d’orienter vers le parcours diagnostique complet, du médecin traitant à la consultation mémoire.
Pourquoi ce test n’est pas un dépistage grand public
Le pTau217 n’est pas une prise de sang accessible à tous sans raison médicale : son usage est réservé aux patients présentant déjà des troubles cognitifs avérés, dans un parcours de soin supervisé par un neurologue, un gériatre ou un médecin de consultation mémoire [2]. Les résultats se lisent à trois niveaux (négatif, zone grise, positif) et doivent être mis en regard des bilans neuropsychologiques et de l’imagerie cérébrale. Des faux positifs sont possibles, notamment en cas d’insuffisance rénale [4]

Existe-t-il un test sanguin pour détecter la maladie d’Alzheimer ?
La protéine tau, naturellement présente dans les neurones, se modifie dans la maladie d’Alzheimer : elle se phosphoryle anormalement à la position 217, d’où le nom pTau217. Cette forme s’accumule en lien étroit avec les plaques amyloïdes des stades précoces. Mesurer son taux dans le sang permet d’estimer la probabilité d’une anomalie cérébrale de type Alzheimer, sans recourir d’emblée à une TEP amyloïde ou une ponction lombaire — retrouvez le détail du fonctionnement de ce biomarqueur et ses performances diagnostiques dans notre article dédié.
Avant le prélèvement : préparation et éligibilité
Le dosage est réservé aux adultes à partir de 55 ans présentant un trouble neurocognitif avéré, évalué par des tests standardisés comme le MMSE ou le MoCA [2]. Sans cette évaluation initiale, la prise de sang n’a pas de pertinence clinique. Un bilan biologique de première intention est également recommandé (NFS, glycémie, fonction rénale et hépatique, B12, TSH), pour écarter d’autres causes et identifier d’éventuels facteurs confondants. Une IRM cérébrale est souvent réalisée en amont. Le prélèvement s’effectue sur tube EDTA dans un laboratoire Biogroup.
Le jour du prélèvement
Le prélèvement se déroule comme une prise de sang classique : un simple prélèvement veineux, réalisé en quelques minutes au laboratoire. L’interprétation du résultat, elle, prend davantage de temps et reste réservée au médecin prescripteur, qui le replacera dans le contexte clinique global du patient.

Après le résultat : IRM, ponction lombaire et suivi
Un résultat négatif franc a une forte valeur prédictive négative : il rend peu probable une amyloïdose cérébrale et oriente vers d’autres causes de troubles cognitifs. En cas de forte suspicion clinique malgré ce résultat, un dosage du LCR peut rester indiqué [3]. Un résultat positif franc justifie une orientation rapide vers un centre mémoire. En zone grise, des examens complémentaires deviennent nécessaires : ponction lombaire (biomarqueurs du liquide céphalo-rachidien entourant le cerveau et la moelle épinière) ou TEP amyloïde. Cette stratégie à deux seuils permet de réserver l’imagerie lourde aux seuls cas ambigus [5].
Les réponses à vos questions
Bibliographie
[1] Hansson O, et al. Plasma phospho-tau217 for Alzheimer’s disease diagnosis in primary and secondary care using a fully automated platform. Nature Medicine. 2025. doi:10.1038/s41591-025-03622-w
[2] Fédération des Centres Mémoire. Recommandations pour le diagnostic de la maladie d’Alzheimer. Actualisation 2026. centres-memoire.fr
[3] Barthélémy NR, Salvadó G, et al. Highly accurate blood test for Alzheimer’s disease. Nature Medicine. 2024.
[4] Bornhorst JA, et al. Quantitative Assessment of the Effect of Chronic Kidney Disease on Plasma P-Tau217 Concentrations. Neurology. 2024. doi:10.1212/WNL.0000000000210287
[5] Fédération des Centres Mémoire. Recommandations pour le diagnostic de la maladie d’Alzheimer. Actualisation 2026. centres-memoire.fr