Point d’actualité

Depuis Juillet 2019, la HAS préconise de maintenir les modalités de dépistage du cancer du col de l’utérus (CCU) chez les femmes de 25 à 29 ans mais recommande le test HPV-HR (à Haut Risque) en remplacement de l’examen cytologique pour les femmes de 30 à 65 ans.

Epidémiologie

L’infection à HPV est l’infection sexuellement transmissible la plus fréquente et se transmet par contact cutanéomuqueux.

  • Cela représente près de 3 000 nouveaux cas de cancers invasifs en France et plus de 1 000 décès chaque année.
  • 3/4 des cas sont diagnostiqués chez des femmes, âgées de 25 à 64 ans.
  • Le taux de couverture du dépistage et de la vaccination est insuffisant en France.

Physiopathologie

Environ 90% des infections à HPV sont transitoires car l’organisme élimine spontanément le virus mais dans près de 10 % des cas, le papillomavirus persiste. Il existe environ 40 types d’HPV, classés en fonction de leur potentiel oncogène :

  • Une infection par des types à faible risque ou non oncogènes (ex : types 6 et 11) peut provoquer des condylomes.
  • Les types d’HPV à haut risque (HR) peuvent provoquer le CCU et d’autres cancers anogénitaux et de l’oropharynx. 12 HPV sont considérés comme des cancérogènes avérés, dont les HPV 16 et 18 sont les plus fréquents.

Qui dépister ?

  • Les femmes asymptomatiques de 25 à 65 ans ayant eu au moins un rapport sexuel.
  • Les femmes invitées par le CRCDC (Centre Régional de Coordination des Dépistages des Cancers) : Dépistage orienté.
  • Les femmes venues spontanément : Dépistage individuel.

>> A NOTER
Le dépistage inclut les femmes vaccinées contre les HPV, les femmes enceintes et les femmes ménopausées.

Quel test diagnostic ?

>> A NOTER – Pourquoi maintenir l’examen cytologique chez les patientes de 25 à 29 ans ?
Le risque d’infection à HPV-HR augmente fortement après l’âge moyen du premier rapport sexuel et il diminue ensuite avec l’âge : 90 % des infections ne sont plus détectables après 2 ans. En raison de cette prévalence élevée transitoire, l’examen cytologique reste l’examen le plus pertinent entre 25 et 29 ans, afin d’éviter tout excès de diagnostic et de traitement (conisation) à l’origine de complications obstétricales notamment.

Algorithme de triage des femmes âgées de 30 à 65 ans auxquelles un test HPV a été proposé en dépistage primaire du CCU (HAS 2019)

VACCINATION

La stratégie de prévention des cancers liés à l’HPV repose sur le dépistage chez toutes les femmes de 25 à 65 ans, mais également sur la vaccination. La couverture vaccinale en France est insuffisante (< 30%) au regard des objectifs du plan cancer 2014-2019 qui sont de 60%.

Recommandation HAS de vaccination HPV (juillet 2019) :

  • chez les filles de 11 à 14 ans avec un rattrapage jusqu’à 19 ans révolus,
  • chez les garçons de 11 à 14 ans puis rattrapage possible jusqu’à 19 ans, voire 26 ans chez les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes,
  • chez les personnes immunodéprimées jusqu’à 19 ans.

Le vaccin contre l’infection à HPV est pris en charge par l’assurance maladie à 65 % (voire 100% dans certains centres de vaccination). Les organismes complémentaires interviennent habituellement pour compléter le remboursement.

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Comité de rédaction : Dr Céline CARTIER, Dr Marie-Lorraine GUENEDAL, Dr Pascal WITTERSHEIM